Sebastian Niebergall
Sebastian Niebergall

Août 2023, aux Philippines. La cérémonie de clôture des Jeux nationaux de la jeunesse s'achève sur un spectacle de drones. Dans le ciel, le drapeau national apparaît rouge en haut. Selon le Code du drapeau des Philippines (loi n° 8491 de 1998), cette position signifie que le pays est en guerre.

Le programme n'avait pas pu être testé, en raison de la météo et d'interférences de signal. Aucune intention derrière, et pourtant le message a été reçu par tout un stade, puis relayé bien au-delà sur les réseaux sociaux. La ville hôte a annoncé porter plainte.

Cet épisode rend visible un écart présent dans toutes les images: celui entre ce qu'elles montrent et ce que voulaient dire celles et ceux qui les ont produites. Une fois diffusée, une image circule seule. L'intention, l'erreur, les circonstances de sa fabrication restent en arrière.

Ce mécanisme dépasse largement les drapeaux. Une photo recadrée, une capture d'écran isolée de sa conversation, une vidéo ressortie des années plus tard: l'image reste identique, c'est sa lecture qui change.

Face à une image qui circule, trois questions aident à voir plus clair: d'où vient-elle, qui l'a produite, dans quel contexte ? Et croiser les regards, en équipe comme ailleurs, permet souvent de voir ce qui avait échappé.

Et dans votre environnement professionnel, quelle image a déjà été comprise autrement que prévu ? Un visuel de campagne, une photo d'équipe, un graphique sorti de son rapport ? Partagez l'exemple en commentaire.

Diaboliser ne résout rien. Interroger et mieux comprendre aide. C'est tout l'esprit du « décod'image »: apprendre à « voir malin », derrière les écrans comme en nous-mêmes, pour gagner en liberté de jugement et en capacité de choix.